Silence
Écrit par Florence Jacquemin, publié le 5 février 2010 - 08:16
Assez déroutants ces "7 jours du Talion". Tout d'abord par son silence, on est dès le début déstabilisé par l'absence totale d'effets sonores du film. Le réalisateur, Daniel Grou alias Podz, a voulu épurer son film pour montrer la mort de l'humanité du personnage principal, Bruno Hamel (Claude Legault), pour ajouter à toute la lourdeur du propos. Et cette lourdeur se fait ressentir tout au long du film qui brise les convenances. Par les prises de vue larges, le spectateur se sent témoin direct de la scène parce qu'on y a éliminé tout le superflu qui amplifient un film par rapport à la réalité. De plus, l'image est très sombre, c'est une lumière de novembre qui donne froid dans le dos.
Ce film porte à l'écran le roman de Patrick Sénécal, Les Sept Jours du Talion, qui raconte l'histoire d'une petite famille de Drummondville dont la tranquillité sera compromise par un évènement tragique. Après une longue journée de travail, le chirurgien Bruno Hamel revient à la maison, sa fille de huit ans lui demande de l'accompagner pour la distribution de ses invitations de fête. Trop fatigué pour l'accompagner, sa fille part seule et est enlevée, violée et tuée dans un parc non loin de chez eux. À la découverte du corps de sa fille Bruno Hamel est frappé d'un sentiment de vengeance immense et c'est alors qu'il élabore un plan sordide pour enlever le violeur de sa fille et lui faire subir les pires sévices pendant 7 jours. On est donc témoin de la déchéance mentale du père qui s'obstine à poursuivre son plan malgré les supplications de sa femme (Fanny Mallette) pour qu'il reprenne le droit chemin.
Claude Legault est très convaincant en homme aux idées noires qui brouillent complètement sa raison, il a beaucoup plus à voir au monstre qu'à l'homme brillant qu'il devrait être. Martin Dubreuil interprète le violeur, séquestré et martyrisé Anthony Lemaire, il réussit à se faire détester du public qui réussit presque à approuver les gestes posés par son bourreau. Rémy Girard en enquêteur Hervé Mercure joue à la perfection l'homme fort, déchiré par la mort de sa femme, qui tente tant bien que mal de mener son enquête sans être distrait par l'émotion. La distribution donne aussi un rôle à Alexandre Goyette, Pascale Delhaes et Dominique Quesnel.
Ici, le bien et le mal ne s'affrontent pas c'est plutôt le mal contre le mal. Bien que plusieurs personnes réussiront à se reconnaître dans le personnage de Bruno Hamel, la brutalité des gestes posés mais surtout leur étalement sur 7 jours dépeint une certaine forme de folie de laquelle plusieurs se sentiront bien éloignés. Certes, ce film pose la question, jusqu'à quel point la vengeance peut elle être salvatrice? Sans y répondre il donne une piste de réflexion, mais quant à moi un traitement si cru m'a plutôt laissé un goût amer face à la vengeance.
Les amateurs de films d'horreur rechercheront peut-être un peu plus de suspense mais en terme d'images brutales ils seront servis. Sans être destinés à tous, "Les sept jours du talion" trouvera certainement son public, mais ce film n'est pas pour moi...
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